La grande traversée

Publié le par dcc-lepoolauxboeufsdor.over-blog.com

     Départ pour Kinshasa ce matin, prévu à 8h30. Dieudonné nous donne quelques billets avec les instructions. Départ finalement à 9h30, Nadège vient nous chercher en taxi. Elle travaille à la Croix Rouge, pour faire traverser les rapatriés sanitaires d’un côté à l’autre. Arrivé au port, le « Beach », on lui donne 32000FCFA, elle part faire les démarches à notre place (elle connaît tout le monde, et il vaut mieux connaître tout le monde s’il l’on ne veut pas se faire embêter) : les frais de passeport, la redevance, le jeton de fouille, le ticket de quai et le ticket lui-même pour la traversée. On en a finalement pour 25 euros chacun, en comptant « l’encouragement » qu’on lui laisse pour la remercier du temps qu’elle nous a accordé… Embarquement à 11h dans un canot à moteur avec 10 autres passagers. La traversée dure 5min. Sur le quai en face nous attend Philippe, de la Croix Rouge aussi. On essaye de nous faire passer directement vers la sortie, mais ça ne sera pas possible pour nous (réservé aux diplomates !). Les deux autres mundele du bateau ont pourtant réussi… Du coup, on patiente dans un couloir, pendant que les employés de la Croix Rouge négocient pour nous à la douane, avec les 10 000FCFA qu’on leur a donnés. Au même moment, un « gros bateau » débarque, rempli de passagers. Ils descendent en courant, grosses bousculades, des paquets énormes, et énormément d’handicapé portés à dos d’homme ou d’aveugles qui se font conduire en s’accrochant aux épaules de leurs guides. Ils sont parfois 4 ou 5, de véritables chenilles humaines. On apprendra un peu plus tard que les handicapés traversent gratuitement et bénéficient d’exonérations de douane, et que les policiers ne les embêtent pas trop. Ils servent donc de laissez-passer à d’autres, et gagnent leur vie en effectuant des traversées pour les autres ; ce qui finalement leur permet d’avoir un emploi, un revenu et une place dans la société…ajoutons qu’ils « louent » également leur fauteuil roulant aménagé et payé par l’Etat à d’autres personnes, qui eux ont des jambes, mais pas de moyen pour transporter les marchandises... Bref, tout le monde court, dans tous les sens, il y a énormément de monde, c’est un bordel indescriptible. Enfin, nos passeports sont prêts, on nous emmène à la sortie, où l’on retrouve le frère Christophe qui nous conduit à la communauté. Il y a énormément de petits vendeurs des rues, des gens qui viennent te demander de l’argent ou te proposer leur aide (moyennant un petit remerciement). Les gens manient des liasses de billets : l’utilisation égale du dollar ou du franc congolais nécessite des « changeurs » à tous les coins de rue. La plus grosse coupure du franc congolais est le billet de 500, qui permet d’acheter deux baguettes…Les gens ont donc des liasses dans les poches, ce sont les caissières du supermarché qui comptent nos billets pour payer les 24 000FC que l’on doit, elles ont l’habitude et sont ultra-rapides. Il y a des voitures partout. Des immeubles et des grandes avenues. Les gens roulent à droite, ou à gauche selon les nids de poule. Les voitures ont le volant à droite ou à gauche, selon le pays d’où elles proviennent. Brazzaville est bien calme et propre à côté et c’est plutôt Kinshasa qui nous renvoie à l’image que l’on se faisait de l’Afrique avant de venir.

 

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tom 03/07/2011 21:38


J'aime beaucoup "l'encouragement"


david 20/04/2011 13:23


joli voyage mais qu'allez vous vraiment faire là-bas?
shopping?


Nelly & Seb 09/04/2011 23:55


Peut être qu'avec des Versace aux pieds, plutot que vos fameuses sandales, vous seriez passés à la douane comme une lettre à la poste (française).

En tout cas c'est un plaisir et un sacré dépaysement de lire vos tribulations congolaises!! :D