La ferme africaine (private joke)

Publié le par dcc-lepoolauxboeufsdor.over-blog.com

Après 2 mois passés sur la ferme de Voka, il est grand temps de vous faire part de l’organisation typique de nos journées de travail ! Tout commence pour nous entre 7h et 7h30 : nous commençons par aller au moulin, faire le point des stocks disponibles et en fonction, nous calculons (par informatique) la ration la plus adaptée pour chacun des systèmes d’élevage : porcs, lapins, poulets de chair, pondeuses, canards… Nous fabriquons nous-même notre aliment, ce qui signifie que nous mélangeons des matières premières (maïs, son de blé, tourteaux, déchets de poisson, éléments minéraux, etc), afin de produire un aliment pour le bétail. Il faut ensuite allumer le groupe électrogène pour mettre en route le broyeur à grain, dont le produit passe ensuite au mélangeur, ce qui nous donne l’aliment que nous distribuons. Pas si simple finalement, car c’est un seul employé (Channel) de la communauté qui a l’autorisation de mettre en marche le groupe (de façon à éviter que les stocks d’huile et de gasoil ne diminuent de façon étrange…). Alors que ce sont d’autres ouvriers qui broient et mélangent l’aliment ; du coup, une scène classique :

- « Channel, pourquoi le groupe est toujours pas en route ? »

- « Au moulin, ils m’ont dit d’attendre un peu qu’ils soient prêts. » (note : il n’y a rien à préparer)

Retour au moulin.

-       « Pourquoi vous avez toujours pas commencé à broyer ? »

-       « Ben, on attend Channel qu’il allume le groupe ! »

Il est 8h et on a déjà perdu une heure de boulot (les ouvriers arrivent à 7h).

 

Enfin, ça y est, le moulin est lancé, le meunier (Le Type) est occupé pour tout le matin. Direction ensuite pour nous la porcherie ( avec Ursène, Michel, Kodo, Blondo et Tata Félix), les clapiers (avec Topé et Tondo), la basse-cour (toujours avec Topé et Tondo) pour organiser la matinée avec les ouvriers : vérification des chaleurs, saillies à réaliser, soins vétérinaires, comptage des animaux, nettoyage des installations…Une fois les directives données, nous avons alors un peu de temps (jusqu’à 10h en général), pour nous occuper du remplissage des fichiers informatiques de suivi et des fiches manuscrites de suivi, mais aussi pour compléter nos connaissances sur certains points particuliers des systèmes d’élevage, pour faire le point sur la compta, les fournitures à commander, les ventes à programmer, etc. En général, nous profitons du fait que le groupe tourne pour travailler sur ordinateur, ce qui ne nous est pas possible tous les matins (le groupe ne fonctionne normalement que le soir, de 18h à 21h30).

Vers 10h, tour de l’exploitation pour voir si tout se passe bien, donner un coup de main à certains endroits, etc…Entre-temps, nous avons acheté quelques kilos de maïs aux villageois venus écouler leur production sur la ferme et vendu des œufs, du fumier, des pigeons (on a aussi des pigeons !), des poulets aux éventuels intéressés qui passent chaque jour. Très souvent également, nous nous chargeons de faire faire la visite de la ferme à différents groupes de « touristes » venus de Brazzaville (souvent des gens importants, roulant en gros 4x4 climatisés, proches du pouvoir) ou à des visiteurs plus intéressés (propriétaires de fermes des alentours cherchant des animaux pour augmenter leur cheptel, organismes internationaux cherchant des conseils techniques, etc)…Toujours entre-temps, Basile (le chauffeur officiel, mais ouvrier polyvalent) est parti avec Tata Félix pour réparer les kilomètres de clôture, qui ferment nos prés. Toujours entre-temps, Hanse (encore appelé « Moundaya » ou « Tony Wang »), le mécano, se charge de réparer le tracteur en panne perpétuelle, fauche quand la panne perpétuelle du tracteur cesse (ici l’herbe pousse à une vitesse incroyable), soude des trucs, visse des machins, etc… Le temps que toutes les rations soient terminées et que tout le cheptel ait bien mangé et bien bu, il est 12h30 et nous allons déjeuner. Puis sieste obligatoire ici au Congo. Et reprise des hostilités pour nous vers 14h, les ouvriers eux reviennent à 15h. Le début d’après-midi est réservé aux projets en cours, à savoir remettre les étangs de pisciculture en eau pour y faire pousser des algues pour donner aux porcs et aux lapins (oui oui ça marche très bien), remettre en état notre canardière, planter des arbres fruitiers, ramasser de la paille, ramasser du fourrage pour les lapins (et pour les porcs quand il n’y a plus rien d’autre à bouffer)…puis on redonne à manger et à boire à tout le monde, les vaches sont rentrées dans le parc de nuit (Tata Félix s’occupe de tout ça) et il est 18h et la journée est finie. Pour les ouvriers au moins… En général, nous continuons à travailler sur ordi (car le courant est à nouveau là !) jusqu’à 19h pour la compta, le suivi informatique, etc…A ajouter à tout cela, les réunions des différents comités de pilotage des projets dans lesquels la ferme est impliquée avec différentes ONG du coin, la préparation d’une séance de formation théorique et pratique pour fin avril, la recherche de nouveaux partenaires pour obtenir des fonds, la réflexion sur d’autres projets à mettre ultérieurement en place sur la ferme…et après ça, on vous jure qu’on dort bien la nuit !

Tout ça pourrait paraître très simple s’il n’y avait quelques (très) (nombreux) aléas : pas facile de faire les soins véto quand on a pas de coton, pas d’alcool, une seringue rouillée et…pas de produits véto …pas simple de faire des rations équilibrées pour 500 porcs, 500 lapins et 2000 volailles quand il reste 5 sacs de son de blé seulement dans le moulin…pas cool de travailler et de traverser la ferme quand la faucheuse est en panne depuis un mois et que l’herbe fait 1,30 m de haut…pas évident de livrer des porcs et acheminer de l’aliment quand le camion est en panne depuis des semaines, qu’il a été fabriqué à Dubaï sans service après-vente, que les mécanos te volent le plus possible de pièces sur ton moteur sans pour autant le réparer et te réclament en prime un whisky parce qu’ils ont fait l’effort de venir de Brazza jusqu’à Voka (et comme on a pas le choix, on leur donne avec le sourire en prime !)…pénible quand les ouvriers ont décrété qu’il faisait vraiment trop chaud pour descendre jusqu’aux étangs et se cachent dans les bananiers en bas de la porcherie en te faisant croire qu’ils sont en fait là pour en replanter…crevant quand le camion d’aliment est finalement arrivé à 20h et qu’il y a 100 sacs de son à décharger (à 2)…énervant quand une porte à été mal refermée et que tu cours après 10 cochons (dont un a déjà été à moitié bouffé vivant par les chiens) avec ta lampe frontale à 21h30, avec du purin jusqu’aux genoux et les rats par dizaines (vraiment !) qui te frôlent les mollets…

 

Mais finalement, c’est surtout des problèmes techniques qui vont se solutionner, finalement, on aime bien Basile, Moundaya, Ursène, Kodo, Le Type, Michel, Blondo, Tata Félix, Topé, Tondo et Channel, et finalement, le Congo, ça nous plait !

 

P1140105

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

romanus 22/10/2011 15:53


Coucou les amis. Ca fait bien longtemps que j'étais pas venu visiter votre blog (faut dire que j'avais oublié votre existence... LOL). En tout cas tout n'a pas l'air évident à gérer mais j'ai
l'impression que vous vous régaler, et puis les bains de lisier c'est pas si difficile. Aurèl je suis fan de ta DT, hésite pas à me solliciter si t'as un pépin; le temps que je réponde, en six mois
c'est réglé.
Bon et puis si vous êtes intéressé par des MAEt, je viendrais avec plaisir faire votre diag d'exploit!
Bonne continuation et à bientôt j'espère


david 20/04/2011 13:15


joli programme!
keep smiling!!